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Prisons au Cameroun : Mgr Samuel Kleda appelle à des réformes

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L’archevêque de Douala

L’archevêque métropolitain de Douala, Mgr Samuel Kleda, appelle à une réforme en profondeur du système pénitentiaire camerounais. Dans une lettre pastorale intitulée « Appel à la conversion pour l’humanisation des prisons au Cameroun », publiée à la fin du mois de juin 2026, le prélat dénonce les conditions de détention qu’il juge incompatibles avec le respect de la dignité humaine et exhorte les autorités à engager des changements urgents.

Mgr Kleda condamne notamment les enlèvements, les disparitions forcées, les détentions arbitraires ainsi que les longues gardes à vue dans certains commissariats et brigades de gendarmerie. Il évoque également la surpopulation carcérale, l’insalubrité des cellules, le manque d’accès aux soins, l’insuffisance de nourriture et les conditions de vie extrêmement difficiles auxquelles sont confrontés de nombreux détenus.

L’archevêque pointe aussi les lenteurs judiciaires, estimant que de nombreux prisonniers restent en détention provisoire pendant plusieurs années avant d’être jugés. Selon lui, cette situation contribue fortement à l’engorgement des prisons et porte atteinte au droit à un procès équitable. Il plaide pour une accélération des procédures judiciaires et le recours à des peines alternatives pour les infractions mineures.

Dans son message, Mgr Samuel Kleda insiste sur le fait que la justice ne doit pas se limiter à punir, mais aussi favoriser la réinsertion des personnes détenues. Il invite les autorités civiles, judiciaires et sécuritaires à garantir le respect des droits fondamentaux, notamment l’enregistrement légal de toute arrestation, la transparence des procédures et l’amélioration des conditions de détention.

Le prélat appelle également l’Église, les organisations de la société civile et les citoyens à renforcer leur accompagnement des personnes incarcérées. Selon lui, visiter les prisonniers, défendre leur dignité et soutenir leur réinsertion constituent des exigences de solidarité et de justice.

Cette prise de position relance le débat sur la réforme du système pénitentiaire camerounais, dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement la surpopulation des prisons, les conditions de détention difficiles et les retards dans le traitement des dossiers judiciaires.