Le Cameroun aborde le second semestre 2026 dans un contexte de croissance modérée, mais confronté à plusieurs défis qui pourraient peser sur l’activité économique. Si les perspectives restent favorables grâce aux investissements dans les infrastructures, l’énergie et les mines, les autorités devront relever plusieurs enjeux pour maintenir la stabilité macroéconomique et soutenir la croissance.
1. Maîtriser les finances publiques
L’un des principaux défis concerne la consolidation budgétaire. Après une détérioration des finances publiques en 2025, le gouvernement est appelé à accroître les recettes fiscales, mieux contrôler les dépenses et limiter le déficit budgétaire afin de respecter les critères de convergence de la CEMAC.
2. Réduire la dépendance aux matières premières
Malgré les performances du cacao et des autres produits agricoles, l’économie camerounaise demeure fortement dépendante des exportations de produits de base, notamment le pétrole, le cacao, le bois et le coton. La volatilité des prix internationaux reste un risque majeur, en particulier avec la baisse attendue des cours du cacao dans les prochains mois.
3. Accélérer les projets énergétiques
L’amélioration de l’approvisionnement en électricité constitue un enjeu essentiel pour soutenir l’industrie et attirer davantage d’investissements. La mise en service des grands projets énergétiques, notamment la centrale hydroélectrique de Nachtigal, devrait améliorer la production électrique, mais le financement du secteur et les coûts associés restent importants.
4. Développer le secteur minier
Le gouvernement compte sur les projets miniers, notamment dans le fer, la bauxite, le cobalt et le rutile, pour diversifier l’économie et réduire la dépendance au pétrole. Toutefois, ces projets nécessitent encore des investissements, des infrastructures de transport et un cadre réglementaire attractif.
5. Renforcer le secteur privé
L’accès au financement demeure difficile pour de nombreuses entreprises, en particulier les PME. Le FMI recommande de renforcer le système financier, d’améliorer le climat des affaires, de simplifier les procédures administratives et de faciliter l’investissement privé afin de stimuler la création d’emplois.
6. Contenir l’inflation et préserver le pouvoir d’achat
Même si l’inflation devrait ralentir autour de 2,9 % en 2026, les autorités devront veiller à maintenir la stabilité des prix, notamment pour les produits alimentaires et les carburants, afin de protéger le pouvoir d’achat des ménages.
7. Créer davantage d’emplois
La croissance économique reste insuffisante pour absorber l’arrivée de milliers de jeunes sur le marché du travail chaque année. Le développement de l’agriculture, de l’industrie, du numérique, du tourisme et de la transformation locale des matières premières apparaît comme une priorité pour favoriser l’emploi des jeunes.
8. Améliorer les infrastructures
Le développement des routes, des ports, des chemins de fer et des infrastructures logistiques reste indispensable pour réduire les coûts de transport, améliorer la compétitivité des entreprises et soutenir les exportations. Les investissements publics dans ces secteurs devraient continuer à stimuler la croissance au cours du second semestre.
Des perspectives encourageantes malgré les défis
Malgré ces contraintes, les perspectives économiques demeurent relativement positives. Le FMI prévoit une croissance d’environ 3,3 % en 2026, avec une accélération attendue à moyen terme grâce aux investissements dans les infrastructures, l’énergie et les mines. La réussite de ces réformes sera déterminante pour renforcer la résilience de l’économie camerounaise et soutenir une croissance plus forte et plus inclusive.




