Le projet de l’aéroport international de Tiko entre dans une nouvelle phase malgré les controverses autour du constructeur
Le projet de construction du futur aéroport international de Tiko, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, refait l’actualité. Les autorités administratives du Fako affirment que le dossier avance avec la sécurisation de deux sites destinés à accueillir cette importante infrastructure.
Cependant, le projet reste marqué par une situation particulière : l’entreprise à laquelle le contrat de construction avait été attribué est liée à un dirigeant actuellement incarcéré aux États-Unis.
Un constructeur au cœur d’une controverse
Le marché de construction de l’aéroport de Tiko avait été attribué à Betan Energy, une entreprise dont le directeur général, Wilson Dacosta, purge actuellement une peine de 20 ans de prison aux États-Unis.
Selon les informations disponibles, il a été condamné par la justice américaine pour des faits de fraude électronique (wire fraud) et usurpation d’identité aggravée.
Cette situation avait suscité des interrogations sur la capacité de l’entreprise à conduire un projet d’une telle importance au Cameroun.
Malgré cette controverse, les autorités camerounaises affirment aujourd’hui que le processus suit son cours.
Deux sites déjà sécurisés pour accueillir l’infrastructure
Le préfet du Fako, Viang Mekala, a indiqué que deux espaces fonciers ont déjà été identifiés et sécurisés pour la réalisation du projet.
Le rapport de la commission chargée du choix des terrains aurait été transmis aux autorités centrales à Yaoundé afin d’obtenir le décret officiel confirmant la disponibilité des espaces concernés.
Le projet devrait s’étendre sur environ 545 hectares, avec :
- une zone destinée aux installations aéroportuaires ;
- des espaces techniques ;
- des infrastructures nécessaires au fonctionnement d’un aéroport international moderne.
Le gouvernement cherche désormais les financements
Selon les autorités locales, l’étape actuelle consiste à mobiliser les ressources financières nécessaires au lancement effectif des travaux.
« La prochaine étape est de passer de la planification à la construction », a expliqué le préfet du Fako.
Les responsables indiquent également que les entreprises chargées des différentes phases du chantier sont déjà identifiées :
- une société spécialisée dans les études géotechniques ;
- un entrepreneur principal pour les travaux de construction.
Le financement reste donc le principal défi avant le démarrage physique du chantier.
Un aéroport stratégique pour le Sud-Ouest du Cameroun
Le futur aéroport international de Tiko est présenté comme une infrastructure capable de transformer la mobilité dans la région.
Les autorités estiment qu’il pourrait permettre :
Une meilleure connexion aérienne
L’aéroport offrirait une nouvelle plateforme pour les vols nationaux et internationaux.
Le développement économique
Une telle infrastructure pourrait faciliter :
- le commerce ;
- le transport des marchandises ;
- les investissements privés ;
- les échanges avec les autres régions.
La relance du tourisme
La région du Sud-Ouest possède un important potentiel touristique grâce à ses paysages, ses plages et ses sites naturels.
Tiko, une ancienne plateforme aérienne du Cameroun
Avant sa fermeture, l’aéroport de Tiko jouait déjà un rôle important durant la période fédérale du Cameroun.
Sa disparition progressive après la centralisation des institutions à Yaoundé avait réduit les possibilités de transport aérien dans cette partie du pays.
Le nouveau projet ambitionne donc de redonner à Tiko une place stratégique dans le réseau aérien camerounais.
Entre espoir et prudence
Même si les autorités affichent leur optimisme, certains observateurs restent prudents. Le projet de l’aéroport international de Tiko a déjà connu plusieurs annonces par le passé sans véritable démarrage des travaux.
La question du financement et la situation autour du contractant restent des éléments suivis avec attention.
Si les engagements actuels se concrétisent, l’aéroport international de Tiko pourrait devenir une infrastructure majeure pour le Cameroun, en renforçant les échanges commerciaux, le tourisme et la connectivité aérienne dans la région du Sud-Ouest.




