Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lance un audit du barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe après la hausse du coût du projet de 650 à plus de 1 620 milliards FCFA afin de protéger les finances publiques.
Louis Paul Motaze ordonne un audit du barrage de Kikot-Mbebe après une explosion des coûts
Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, a décidé de lancer un audit financier du projet de barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe, l’un des plus grands chantiers énergétiques du Cameroun. Cette décision intervient après une augmentation spectaculaire du coût du projet, passé de 650 milliards de FCFA à plus de 1 620 milliards de FCFA.
Cette centrale hydroélectrique, d’une capacité prévue de 500 mégawatts, est considérée comme un projet stratégique pour renforcer la production d’électricité au Cameroun et soutenir le développement industriel du pays. Toutefois, la forte révision du budget soulève des interrogations sur les facteurs ayant conduit à cette hausse.
Une hausse des coûts liée au contexte international
À l’issue d’une mission de travail à Paris avec les dirigeants d’EDF, partenaire du projet, Louis Paul Motaze a expliqué que plusieurs crises internationales ont profondément affecté le coût des investissements. La pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine ainsi que les tensions persistantes au Moyen-Orient ont provoqué une flambée des prix des matériaux de construction, des équipements industriels, du transport maritime et du financement des infrastructures.
Le ministre reconnaît que ces éléments ont contribué à renchérir le projet, mais estime qu’ils ne dispensent pas les différents acteurs d’une obligation totale de transparence.
Un audit pour garantir la bonne gestion des fonds publics
Selon Louis Paul Motaze, cet audit n’a pas pour objectif de désigner des responsables, mais de vérifier que les ressources mobilisées sont utilisées conformément aux règles de bonne gouvernance. L’État camerounais, en tant qu’actionnaire de la société Kikot-Mbebe Hydro Power Company aux côtés d’EDF, souhaite s’assurer que chaque franc investi bénéficie réellement à l’avancement du projet.
Cette opération permettra également d’identifier les raisons précises de la réévaluation financière et d’apporter davantage de visibilité aux partenaires techniques et financiers.
Des tensions au sein de la société du projet
L’audit intervient également dans un contexte marqué par des désaccords entre le conseil d’administration et la direction générale de la Kikot-Mbebe Hydro Power Company. Les autorités espèrent que cette démarche contribuera à renforcer la gouvernance de l’entreprise, à améliorer la coordination entre les différents acteurs et à accélérer la mise en œuvre du projet.
Les leçons tirées du barrage de Nachtigal
La décision du ministre intervient quelques mois après les difficultés financières rencontrées autour du barrage de Nachtigal, où le Trésor public a dû intervenir pour respecter certains engagements financiers. Cette expérience pousse désormais le gouvernement à exercer un contrôle plus strict sur les grands projets d’infrastructures financés avec des ressources publiques.
Pour Louis Paul Motaze, la protection des finances publiques demeure une priorité. L’audit du barrage de Kikot-Mbebe devra rassurer les investisseurs, renforcer la confiance dans la gouvernance du projet et garantir que les investissements consentis contribueront durablement au développement énergétique du Cameroun.




