Le gouvernement camerounais a intensifié ses actions contre l’exploitation minière illégale, particulièrement dans le secteur aurifère. Cette décision intervient après la découverte de nombreuses irrégularités dans plusieurs régions minières du pays, notamment dans l’Est, l’Adamaoua et certaines zones du Sud.
Selon les autorités, des enquêtes ont permis d’identifier plus de 200 sociétés minières artisanales opérant illégalement, dont une grande majorité appartient à des investisseurs étrangers. Les investigations ont également révélé des écarts importants entre les quantités d’or officiellement exportées par le Cameroun et les volumes déclarés à l’importation dans certains pays partenaires.
Plus de 50 permis retirés
Dans le cadre de cette opération d’assainissement, le ministère des Mines a récemment annulé 53 permis d’exploration aurifère pour non-respect du Code minier camerounais. Cette mesure vise à reprendre le contrôle d’un secteur souvent critiqué pour son manque de transparence et les pertes importantes de revenus pour l’État.
Les autorités estiment que plusieurs opérateurs ne respectaient pas les exigences légales en matière de protection de l’environnement, de déclaration de production et de paiement des taxes et redevances minières.
Des sites clandestins fermés
Le ministère des Mines a également ordonné la fermeture immédiate de près de 200 sites d’exploitation illégale de l’or. Cette campagne cible aussi bien les opérateurs locaux qu’étrangers, les autorités affirmant que la loi s’applique à tous sans distinction de nationalité.
Plusieurs exploitations semi-mécanisées ont été identifiées dans des zones où les autorisations nécessaires n’avaient jamais été obtenues. Certaines utilisaient des équipements lourds et des techniques pouvant avoir des conséquences importantes sur l’environnement.
Un enjeu économique majeur
L’or représente l’une des ressources minières les plus prometteuses du Cameroun. Cependant, une grande partie de la production échappe encore aux circuits officiels, privant l’État de recettes fiscales importantes.
Le gouvernement souhaite désormais mieux encadrer le secteur afin d’augmenter les revenus publics, protéger les communautés locales et attirer davantage d’investissements conformes à la réglementation nationale.
Protection de l’environnement
Au-delà des enjeux économiques, les autorités mettent en avant la nécessité de limiter les impacts environnementaux de certaines activités minières. L’exploitation illégale peut entraîner la déforestation, la pollution des cours d’eau et la dégradation des terres agricoles, affectant directement les populations riveraines.
Les nouvelles mesures imposent notamment des garanties environnementales plus strictes et des systèmes de traitement des déchets miniers conformes aux normes en vigueur.
Une réforme qui se poursuit
Le gouvernement affirme que cette opération n’est qu’une première étape d’un vaste programme de modernisation du secteur minier camerounais. D’autres contrôles et audits sont attendus dans les prochains mois afin de renforcer la gouvernance des ressources naturelles du pays.
Pour les autorités, l’objectif est clair : faire de l’exploitation minière un véritable moteur de croissance économique tout en garantissant le respect des lois, la protection de l’environnement et une meilleure redistribution des richesses générées par les ressources du sous-sol camerounais.















