La situation des droits de l’homme au Cameroun est complexe et fait l’objet de rapports contradictoires. D’un côté, le cadre légal et institutionnel existe, mais de l’autre, des organisations internationales et des ONG documentent de manière récurrente des violations graves.
Voici une synthèse des principaux enjeux basée sur les rapports de l’ONU, de la Commission africaine des droits de l’homme, de l’ambassade des États-Unis et d’ONG comme Amnesty International.
Un cadre légal qui existe… mais des défis majeurs dans la pratique
Le Cameroun dispose d’un cadre constitutionnel et juridique pour la protection des droits de l’homme, et des institutions comme la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) sont en place . Le pays participe également aux mécanismes internationaux, comme l’Examen Périodique Universel (EPU) des Nations Unies, et des ateliers sont organisés pour mettre en œuvre ses recommandations, notamment sur les libertés publiques .
Cependant, des organisations indépendantes comme Freedom House classent le Cameroun comme un pays “Non libre”, avec un score de 15/100 . Le rapport 2026 souligne que le pouvoir est concentré, que les processus électoraux sont entachés d’irrégularités et que les libertés civiles sont sévèrement restreintes .
Les principales préoccupations en matière de droits humains
Les rapports des Nations Unies, de la Commission africaine et de l’ambassade des États-Unis pointent plusieurs problèmes systémiques .
Libertés fondamentales et répression
- Liberté d’expression et des médias : Fortement restreinte. Des journalistes sont arrêtés, agressés et intimidés, ce qui pousse à l’autocensure .
- Liberté de réunion et d’association : Menacée. L’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques, notamment lors de la période post-électorale de 2025, a été condamné, avec un bilan d’au moins 48 morts .
- Coupures d’Internet : Utilisées de manière récurrente comme outil de répression, ce qui entrave l’accès à l’information .
Violences et conflits armés
- Crises dans les régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) : Depuis 2016, ce conflit oppose les forces de sécurité à des groupes séparatistes. Des violations graves sont commises par les deux camps, incluant des meurtres de civils, des arrestations arbitraires et des destructions .
- Attaques terroristes dans l’Extrême-Nord : Le groupe Boko Haram et d’autres factions y perpètrent des homicides illégaux et des enlèvements .
- Usage excessif de la force : Des cas documentés de violences, de recrutement d’enfants et d’impunité des forces de sécurité sont rapportés .
Justice, discrimination et droits des minorités
- Lutte contre l’impunité : Un défi majeur. Peu de poursuites aboutissent contre les auteurs de violations, qu’ils soient agents de l’État ou non .
- Discrimination : La législation camerounaise est pointée du doigt pour des discriminations envers les femmes et les personnes LGBTI+. Les relations homosexuelles sont criminalisées, et les discours de haine sont fréquents .
- Peine de mort : Bien que toujours prévue par la loi, aucune exécution n’a eu lieu depuis 10 ans, ce qui fait du Cameroun un pays “abolitionniste en pratique” .
En résumé
La situation des droits de l’homme au Cameroun se caractérise par un écart important entre les engagements juridiques du pays et la réalité sur le terrain. Les rapports concordent sur une dégradation des libertés fondamentales, une persistance des violences dans les zones de conflit, et un défi persistant de l’impunité.
Si vous souhaitez des informations plus détaillées sur un aspect spécifique, comme la situation dans les régions anglophones ou les droits des femmes, n’hésitez pas à me le faire savoir.




