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Quel est le climat des affaires au Cameroun ?

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PIB du Cameroun
Street vendors sell nuts in a street in Douala on January 10, 2022. (Photo by Charly TRIBALLEAU / AFP)

Moteur économique de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), le Cameroun dispose d’une économie diversifiée et d’un potentiel naturel immense (agriculture, mines, énergie, infrastructures). Cependant, l’environnement des affaires y reste contrasté, balancé entre des réformes de modernisation encourageantes et des barrières administratives persistantes.

Dans la nouvelle évaluation B-Ready (le baromètre de la Banque mondiale qui remplace l’ancien Doing Business), le Cameroun obtient une note globale moyenne, notamment 56,63/100 pour son efficacité opérationnelle, ce qui le situe tout près de la moyenne mondiale (60,03) mais souligne la nécessité de poursuivre les efforts.

1. Les atouts majeurs du marché camerounais

Le Cameroun, souvent qualifié d’« Afrique en miniature », offre des arguments de poids pour les investisseurs et les porteurs de projets :

  • Une économie diversifiée : Contrairement à plusieurs de ses voisins de la zone CEMAC, le Cameroun ne dépend pas uniquement du pétrole. Le pays s’appuie sur un secteur agricole fort (café, cacao, bois, coton) et une industrie locale en pleine expansion.
  • La loi sur les incitations aux investissements : La législation camerounaise offre d’importants avantages fiscaux et douaniers (exonérations temporaires de TVA, réduction d’impôts sur les sociétés) pour les nouvelles entreprises, notamment via l’Agence de Promotion des Investissements (API).
  • Une position logistique stratégique : Avec le Port Autonome de Douala et le Port en eau profonde de Kribi, le Cameroun sert de hub d’entrée naturel pour les pays enclavés de la sous-région (Tchad, Centrafrique).

2. Les principaux défis pour les entreprises

Malgré le dynamisme du secteur privé (réuni au sein du GECAM, le principal mouvement patronal), faire des affaires au Cameroun comporte plusieurs points de friction :

  • La pression fiscale et les contrôles : La fiscalité est souvent jugée lourde par les chefs d’entreprise, avec des contrôles administratifs fréquents qui pèsent sur la trésorerie des PME.
  • Le poids de l’économie informelle : La concurrence déloyale du secteur informel reste un défi majeur pour les structures qui paient régulièrement leurs impôts.
  • L’accès aux financements : Bien que le secteur bancaire camerounais soit solide et liquide, l’accès au crédit à long terme pour les petites et moyennes entreprises reste complexe.
  • Le climat sécuritaire : Les tensions dans certaines régions (Nord-Ouest, Sud-Ouest, Extrême-Nord) ralentissent l’activité économique locale et augmentent les coûts logistiques.

3. Les réformes récentes et la digitalisation

Pour fluidifier les échanges, le gouvernement a engagé la modernisation de ses services :

La création d’entreprise facilitée : Grâce aux Centres de Formalités de Création d’Entreprises (CFCE), il est théoriquement possible de formaliser une structure en moins de 72 heures, avec la suppression de l’obligation de capital minimum pour les SARL (sous seing privé).

De plus, la digitalisation des procédures progresse rapidement : le paiement des impôts et des taxes se fait désormais en ligne (télé-déclaration), et le guichet unique du commerce extérieur (e-GUCE) a permis de réduire les délais et les coûts de passage des marchandises aux frontières.