Une campagne de vaccination fragilisée par un manque de financement
Le Programme élargi de vaccination (PEV) fait face à d’importantes difficultés financières au Cameroun. Selon des informations rendues publiques par des responsables du secteur de la santé, seulement 19 % des fonds prévus pour la campagne nationale de vaccination 2026 auraient été effectivement décaissés, malgré les crédits inscrits au budget de l’État.
Cette situation suscite de vives préoccupations parmi les professionnels de santé, les partenaires du secteur sanitaire et plusieurs parlementaires, qui redoutent un ralentissement des activités de vaccination à travers le pays.
Près de 430 000 enfants potentiellement exposés
Les conséquences pourraient être particulièrement lourdes pour les enfants. Les estimations avancées indiquent qu’environ 430 000 enfants risquent de ne pas bénéficier, dans les délais prévus, des vaccins essentiels destinés à les protéger contre plusieurs maladies évitables.
La vaccination demeure l’un des moyens les plus efficaces de prévenir des maladies telles que la rougeole, la poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos ou encore certaines formes de méningite. Un retard dans les campagnes peut augmenter le risque de résurgence de ces maladies, notamment dans les zones où la couverture vaccinale est déjà insuffisante.
Des parlementaires tirent la sonnette d’alarme
Plusieurs députés, parmi lesquels le vice-président du Réseau parlementaire pour la santé, ont exprimé leur inquiétude face à l’écart constaté entre les crédits votés par le Parlement et les montants effectivement mis à la disposition du Programme élargi de vaccination.
Selon ces élus, une meilleure exécution budgétaire est indispensable afin de garantir la continuité des campagnes de vaccination et d’assurer une protection équitable des enfants sur l’ensemble du territoire national.
Ils appellent également à une plus grande transparence dans le suivi des dépenses publiques consacrées à la santé.
Un enjeu majeur de santé publique
Le Programme élargi de vaccination constitue l’un des piliers de la politique de santé publique au Cameroun. Chaque année, des millions de doses de vaccins sont administrées dans les centres de santé, les hôpitaux et lors de campagnes de proximité organisées dans les différentes régions.
Toute interruption ou réduction des financements peut entraîner des ruptures d’approvisionnement, le report de campagnes de vaccination et une baisse de la couverture vaccinale.
Des solutions attendues
Face à cette situation, les acteurs du secteur sanitaire espèrent un déblocage rapide des financements afin d’éviter une aggravation de la situation. Les partenaires techniques et financiers continuent d’accompagner les efforts du Cameroun, mais soulignent que le financement national reste essentiel pour assurer la pérennité du programme.
Le renforcement du financement de la vaccination est considéré comme un investissement stratégique, permettant de prévenir des épidémies, de réduire la mortalité infantile et de protéger durablement la santé des populations.
Alors que les inquiétudes grandissent, de nombreux observateurs appellent à une mobilisation rapide des autorités afin que tous les enfants concernés puissent bénéficier des vaccins prévus dans le calendrier national de vaccination.




