Un débat juridique agite la scène politique camerounaise après la sortie médiatique de Maître Christian Ntimbane, président exécutif du parti HÉRITAGE. L’avocat soutient que le président Paul Biya aurait « démissionné de fait » en raison de son absence prolongée du territoire national.
Selon lui, le chef de l’État, âgé de 93 ans, est à l’étranger depuis le 7 juin 2026, soit plus de 51 jours, sans avoir repris ses fonctions. Bien que la Constitution camerounaise ne fixe aucune durée maximale d’absence du président, Maître Ntimbane estime que cette longue absence pourrait être assimilée à un abandon de poste.
L’avocat affirme que, dans le droit administratif, un agent public qui abandonne son poste sans motif légitime et ne reprend pas son travail après une mise en demeure est considéré comme ayant démissionné, même sans avoir présenté une lettre de démission.
S’appuyant sur ce principe, il appelle le Conseil constitutionnel à constater une vacance de la présidence de la République, estimant que le comportement du chef de l’État équivaut à une renonciation implicite à ses fonctions.
« En droit, la démission peut résulter d’un comportement tel que l’abandon de son poste, sans raison légitime », a notamment déclaré Maître Christian Ntimbane pour justifier sa position.
Le président Paul Biya avait quitté le Cameroun le 7 juin pour ce que la présidence avait présenté comme un séjour privé. À ce jour, aucune annonce officielle n’a été faite concernant son retour au pays.
Au pouvoir depuis 44 ans, Paul Biya demeure le plus ancien chef d’État en exercice au monde. Sa longue absence continue d’alimenter les débats politiques et juridiques au Cameroun.
À ce stade, les autorités camerounaises n’ont pas réagi officiellement aux déclarations de Maître Christian Ntimbane, et le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé sur cette demande. Les propos de l’avocat constituent une interprétation juridique qui ne signifie pas que le président est légalement considéré comme démissionnaire.














