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Quelle est la situation de la presse au Cameroun ?

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la presse au Cameroun

La situation de la presse au Cameroun est actuellement décrite comme préoccupante et sous pression, avec une tendance à la dégradation selon les principaux observateurs internationaux .

Voici les principaux éléments qui caractérisent cet environnement :

Un contexte de liberté en recul

  • Classement en baisse : Selon le rapport 2026 de Reporters sans frontières (RSF), le Cameroun a reculé à la 133ᵉ place mondiale sur 180 pays, contre 131ᵉ en 2025. Son score a chuté de près de deux points, passant de 42,75 à 40,88 sur 100 .
  • Évaluation très négative : Cette tendance est confirmée par des organisations comme Freedom House, qui classe le Cameroun comme un pays “Non Libre” et attribue la note de 0/4 à l’indicateur mesurant l’existence de médias indépendants et libres .

Des pressions multidimensionnelles

Les difficultés pour la presse ne viennent pas d’un seul facteur, mais de plusieurs formes de pressions qui se renforcent mutuellement :

  • Contrôle politique et judiciaire : Les autorités sont accusées d’exercer un contrôle sur les médias, notamment via les nominations à la tête des organes publics comme la CRTV. Les journalistes sont parfois confrontés à des poursuelles pénales pour leurs reportages, utilisant des lois qui ne garantissent pas un accès à l’information et recourant parfois à des tribunaux d’exception . Le cas du journaliste Brand Kamga, arrêté en janvier 2026 et inculpé pour “tentative d’enlèvement” dans le cadre d’une enquête, illustre les risques judiciaires ; il a été libéré sous conditions après la mobilisation de ses confrères .
  • Précarité économique : De nombreux journalistes des médias privés travaillent dans des conditions très précaires. L’aide publique à la presse serait distribuée selon l’alignement politique des rédactions, ce qui constitue une forme de contrôle financier redoutable .
  • Insécurité et auto-censure : La couverture de sujets sensibles, comme le conflit dans les régions anglophones, expose les journalistes à des risques. L’assassinat non résolu du directeur d’Amplitude FM, Martinez Zogo, en janvier 2023, est emblématique de l’impunité et d’un climat sécuritaire qui pousse à l’auto-censure .
  • Un paysage médiatique paradoxal : Le Cameroun possède un écosystème médiatique très dense (plus de 600 journaux, 200 radios…). Cependant, cette diversité de façade cache une réalité de contrôle, où de nouveaux médias peuvent être créés par des proches du pouvoir pour concurrencer et affaiblir économiquement des titres critiques .

Un cas récent d’ingérence

Le 23 février 2026, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a rapporté que la police camerounaise avait ouvert une enquête pour “intrusion criminelle” contre quatre journalistes (dont trois de l’Associated Press) qui enquêtaient sur des déportations secrètes de migrants vers les États-Unis. Ils ont été détenus cinq heures et leur équipement a été saisi .

En résumé, si le Cameroun dispose d’un paysage médiatique riche, les professionnels de la presse y évoluent dans un environnement marqué par le contrôle politique, la précarité et des risques sécuritaires, ce qui entraîne une détérioration continue de la liberté d’informer