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Qui sont les journalistes emprisonnés au Cameroun en 2026 ?

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journalistes emprisonnés au Cameroun

Le Cameroun fait régulièrement partie des pays d’Afrique subsaharienne qui incarcèrent le plus de journalistes, une situation régulièrement dénoncée par des organisations internationales comme le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et le Parlement européen.

Les journalistes détenus le sont généralement sous des accusations liées à la sûreté de l’État (loi antiterroriste), à la diffusion de “fausses nouvelles” ou à des motifs financiers. Voici les figures emblématiques de journalistes emprisonnés au Cameroun ces dernières années :

Les figures emblématiques en détention de longue durée

  • Amadou Vamoulké : Ancien directeur général de la CRTV (le média public camerounais), il a été arrêté en 2016 et condamné fin 2022 à 12 ans de prison pour des accusations de détournement de fonds publics — des charges que ses défenseurs et les ONG qualifient de purement politiques en raison de sa gestion indépendante. Son état de santé en prison est jugé très préoccupant.
  • Kingsley Njoka : Journaliste chevronné, il a été arrêté en mai 2020. Il est poursuivi devant un tribunal militaire pour des accusations d’atteinte à la sûreté de l’État en lien avec ses reportages sur la crise anglophone.
  • Mancho Bibixy : Ancien journaliste radio et leader d’opinion dans la zone anglophone, il a été arrêté au tout début de la crise en 2017. Condamné par un tribunal militaire à 15 ans de prison pour “actes de terrorisme” et “sécession”, il purge sa peine à la prison centrale de Kondengui.
  • Tsi Conrad : Journaliste indépendant et pigiste, il a également été arrêté en 2017 dans le cadre du conflit dans les régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) et condamné à 15 ans de réclusion.
  • Thomas Awah : Correspondant pour le mensuel Aghem Messenger, il a été arrêté fin 2016 à Bamenda et condamné en 2018 par un tribunal militaire à une lourde peine d’emprisonnement pour “sécession” et “propagation de fausses nouvelles”.

Contexte général de la liberté de la presse au Cameroun

Au-delà de ces emprisonnements à long terme, le climat pour le journalisme d’investigation reste particulièrement lourd au Cameroun, marqué par :

  • Les détentions temporaires et intimidations : Régulièrement, des reporters sont interpellés pour de courtes périodes de garde à vue lorsqu’ils touchent à des sujets sensibles (tels que la gestion des crises sécuritaires ou des enquêtes sur les centres de détention).
  • L’usage des tribunaux militaires : Les ONG dénoncent fermement le fait que des civils et des journalistes soient traduits devant des juridictions militaires, ce qui limite considérablement les droits de la défense et les voies de recours.
  • Une atmosphère de forte insécurité : La profession est encore profondément marquée par l’assassinat brutal de plusieurs journalistes de renom, notamment l’emblématique Martinez Zogo au début de l’année 2023, ou encore le décès en détention non élucidé de Samuel Wazizi en 2019.

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