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Paul Biya autorise 4,1 milliards de FCFA de prêts pour relancer le chantier du lac municipal de Yaoundé

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lac municipal de Yaoundé

Le projet d’aménagement du lac municipal de Yaoundé pourrait connaître une nouvelle accélération après plusieurs mois de blocage. Le président de la République, Paul Biya, a signé le 22 juillet 2026 le décret n°2026/257 autorisant le gouvernement à conclure une combinaison de prêts d’environ 4,1 milliards de FCFA auprès de Deutsche Bank Espagne.

Ces ressources doivent financer des travaux supplémentaires de la première phase du Projet d’aménagement touristique et économique du lac municipal de Yaoundé et de la vallée de la Mingoa.

Mais cette nouvelle enveloppe soulève aussi des questions, notamment parce que le projet, lancé depuis plusieurs années, a déjà mobilisé d’importants financements.

Paul Biya signe le décret le 22 juillet 2026

Le décret présidentiel autorise le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à conclure le financement avec Deutsche Bank Espagne sous la forme d’un crédit-acheteur.

Le texte officiel est disponible auprès de la Présidence de la République du Cameroun.

Il faut toutefois apporter une précision : l’autorisation présidentielle ne signifie pas que 4,1 milliards de FCFA ont déjà été décaissés.

Elle donne au gouvernement l’autorisation juridique nécessaire pour signer les accords de financement. La reprise effective des travaux dépendra ensuite de leur finalisation et du respect des conditions permettant le décaissement.

Pourquoi faut-il encore 4,1 milliards de FCFA ?

Le nouveau financement doit couvrir des travaux supplémentaires nécessaires à l’achèvement de la première phase du projet.

Le besoin complémentaire avait été évalué à environ 4,06 milliards de FCFA.

Lors de la présentation du budget 2026 devant l’Assemblée nationale, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, avait expliqué que cette insuffisance financière empêchait notamment la poursuite d’une tranche intermédiaire du chantier.

Le manque de financement constituait donc l’un des principaux obstacles à la progression des travaux.

Le chantier était pratiquement bloqué

Cette décision présidentielle pourrait permettre de sortir d’une situation qui durait depuis plusieurs mois.

Faute de ressources complémentaires effectivement disponibles, les travaux n’avançaient plus au rythme attendu.

Selon les informations disponibles, le ministère avait notamment engagé la construction d’une clôture destinée à sécuriser le site pendant cette période de ralentissement.

Le nouveau financement apparaît donc comme une tentative de débloquer la première phase et d’éviter que le chantier ne reste davantage à l’arrêt.

Le gouvernement revient finalement à l’emprunt extérieur

Un élément mérite particulièrement l’attention.

Le recours à un nouvel emprunt extérieur n’était pas initialement considéré comme la meilleure solution.

Le Comité national de la dette publique avait estimé qu’un nouvel emprunt extérieur pour financer un besoin d’environ 4 milliards de FCFA était peu pertinent, considérant que cette somme pouvait être prise en charge sur les ressources propres de l’État.

Mais les ressources publiques attendues n’ayant pas été effectivement mises à disposition, le chantier est resté bloqué.

Le décret du 22 juillet marque donc un changement d’approche : plutôt que d’attendre davantage un financement budgétaire interne, le gouvernement choisit de recourir à Deutsche Bank Espagne.

Le coût cumulé du projet dépasse désormais 38 milliards de FCFA

C’est probablement l’un des chiffres les plus importants du dossier.

Avec cette nouvelle autorisation d’emprunt, les financements mobilisés pour le projet depuis 2015 atteindraient environ 38,28 milliards de FCFA, selon les estimations publiées cette semaine.

Cette évolution devrait naturellement renforcer les interrogations sur le coût final du projet.

Plus un chantier accumule des travaux supplémentaires et des financements complémentaires, plus la question de son calendrier d’achèvement et de sa rentabilité économique devient importante.

À quoi doit servir le projet du lac municipal ?

Le chantier ne consiste pas simplement à nettoyer ou embellir le lac.

L’ambition est de transformer cette partie de Yaoundé en un espace touristique, économique et urbain moderne, tout en réaménageant la vallée de la Mingoa.

Le projet doit contribuer à améliorer l’environnement urbain du centre de la capitale et à valoriser un espace qui dispose d’un potentiel touristique important.

L’objectif est donc de faire du lac et de ses environs un véritable pôle d’attractivité.

Un emplacement stratégique au cœur de Yaoundé

Le lac municipal bénéficie d’un avantage majeur : sa localisation.

Il se trouve au cœur de la capitale, à proximité de plusieurs institutions, hôtels, quartiers administratifs et grands axes.

Un aménagement réussi pourrait donc créer un nouvel espace de loisirs et de tourisme urbain pour les habitants comme pour les visiteurs.

L’enjeu dépasse ainsi la simple infrastructure : il s’agit aussi de modifier l’image d’une partie du centre de Yaoundé.

Quand les travaux vont-ils réellement reprendre ?

La signature du décret ne permet pas encore de donner une date précise.

Plusieurs étapes restent nécessaires avant que l’argent puisse effectivement financer le chantier.

Les accords avec Deutsche Bank Espagne doivent notamment être finalisés et les différentes conditions de décaissement remplies.

C’est seulement après la mise à disposition effective des ressources que l’on pourra véritablement parler d’une relance financière du chantier.

Il faudra donc surveiller les prochaines communications du gouvernement concernant la signature des accords et la reprise physique des travaux.

Un projet désormais sous pression

Après plus d’une décennie de financements, de retards et de travaux supplémentaires, les attentes autour du lac municipal de Yaoundé sont élevées.

Le nouveau prêt d’environ 4,1 milliards de FCFA pourrait permettre de franchir une étape supplémentaire, mais il augmente également les sommes engagées dans le projet.

Pour les pouvoirs publics, le défi ne consiste donc plus seulement à mobiliser de nouveaux financements. Il s’agit désormais de transformer ces ressources en travaux effectivement réalisés et d’aboutir à la mise en service des infrastructures prévues.

Le décret présidentiel du 22 juillet 2026 constitue une étape importante, mais la véritable relance sera confirmée lorsque les financements seront effectivement décaissés et que les travaux reprendront sur le terrain.