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Choléra dans l’Extrême-Nord : ce que l’on sait de la situation sanitaire et des mesures de riposte

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Choléra dans l’Extrême-Nord

La situation sanitaire liée au choléra dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun continue de susciter l’inquiétude. Selon les données communiquées au 23 juillet 2026, la région comptait 584 cas et 19 décès, avec une circulation de la maladie signalée dans 7 districts de santé sur les 37 que compte l’Extrême-Nord.

Cette progression intervient alors que les autorités sanitaires, administratives et leurs partenaires renforcent depuis plusieurs semaines le dispositif de riposte.

Une nette augmentation des cas en juillet 2026

Les chiffres montrent une évolution rapide de l’épidémie. Le 4 juillet 2026, le ministère de la Santé publique faisait état de 166 cas notifiés, 10 décès et 109 cas actifs dans l’Extrême-Nord. Le ministre de la Santé publique avait alors annoncé que la prise en charge des malades était gratuite.

Moins de trois semaines plus tard, le bilan rapporté au 23 juillet est passé à 584 cas et 19 décès. Cette évolution explique le réajustement du dispositif de lutte.

Le 23 juillet, une réunion stratégique s’est notamment tenue dans les services du gouverneur afin d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et dans les formations sanitaires, puis d’adapter le plan de réponse à l’évolution de l’épidémie.

Pourquoi l’Extrême-Nord reste particulièrement vulnérable

La propagation du choléra est étroitement liée aux conditions d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement. Dans certaines communautés de l’Extrême-Nord, ces infrastructures restent insuffisantes, ce qui peut faciliter la contamination des sources d’eau et la transmission de la maladie.

Les épisodes d’inondation constituent également un facteur aggravant. Ils peuvent entraîner le mélange d’eaux usées, de déchets et de sources utilisées pour la consommation humaine.

Cette vulnérabilité n’est pas nouvelle. Une étude publiée en 2026 dans le Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé, portant sur les données camerounaises de 2016 à 2023, a identifié 48 districts de santé prioritaires pour des interventions multisectorielles. Les régions du Centre, du Littoral, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord regroupaient ensemble 41 de ces 48 zones prioritaires.

Les autorités renforcent la riposte

Face à la progression des contaminations, plusieurs axes d’intervention sont mobilisés : prise en charge des malades, surveillance épidémiologique, coordination des équipes sanitaires, sensibilisation des populations et promotion des mesures d’hygiène.

Des campagnes de proximité sont notamment organisées. À Maroua 1er, le sous-préfet Denis Atkalaï, accompagné des services de santé et de structures d’encadrement des jeunes, a mené des actions de sensibilisation dans plusieurs quartiers.

Le ministère de la Santé avait déjà renforcé début juillet la coordination entre autorités administratives, équipes sanitaires et partenaires techniques et financiers afin d’accélérer les interventions dans les foyers concernés.

Quels sont les gestes essentiels contre le choléra ?

Le choléra se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Dans une zone où des cas sont signalés, il est particulièrement important de consommer une eau potable ou correctement traitée, se laver régulièrement les mains au savon, bien cuire les aliments, protéger les repas et l’eau de consommation contre les contaminations et utiliser des installations sanitaires appropriées.

Une diarrhée aqueuse importante, particulièrement lorsqu’elle s’accompagne de vomissements ou de signes de déshydratation, nécessite une prise en charge médicale rapide. La déshydratation provoquée par le choléra peut devenir grave en peu de temps.

Un problème qui dépasse l’Extrême-Nord

La situation camerounaise s’inscrit dans un contexte international de recrudescence du choléra. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 29 610 nouveaux cas de choléra ou de diarrhée aqueuse aiguë ont été rapportés dans 16 pays en mai 2026, soit une hausse de 43 % par rapport au mois précédent. La région africaine comptait alors 14 230 cas et 201 décès.

Le Cameroun dispose par ailleurs d’un Plan national de lutte contre le choléra 2026-2030, dont le coût avait été estimé à 108,6 milliards de FCFA. Le programme prévoit notamment l’amélioration de l’accès à l’eau potable, le renforcement de l’assainissement, des campagnes de vaccination ciblées, la formation des équipes de riposte et une coopération transfrontalière renforcée avec le Nigeria, le Tchad et la République centrafricaine.

Une situation à suivre de près

Au 23 juillet 2026, le bilan disponible de 584 cas et 19 décès confirme que l’épidémie demeure un enjeu sanitaire majeur dans l’Extrême-Nord. La progression observée depuis le début du mois montre surtout l’importance d’une riposte rapide associant soins, surveillance, sensibilisation, accès à l’eau potable et amélioration durable de l’assainissement.

Les prochains bilans sanitaires permettront de déterminer si le renforcement actuel des interventions parvient à ralentir la transmission.

Je peux aussi surveiller les nouveaux bilans du choléra dans l’Extrême-Nord et vous signaler toute mise à jour importante.