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Économie : pourquoi le départ du Hilli Episeyo pourrait peser sur les performances du Cameroun en 2026

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Hilli Episeyo

Le départ du Hilli Episeyo, l’unité flottante qui a permis au Cameroun de produire et d’exporter du gaz naturel liquéfié (GNL) depuis 2018, pourrait avoir des conséquences bien au-delà du secteur des hydrocarbures. Selon un rapport économique relayé ce 24 juillet 2026, cette sortie devrait contribuer au ralentissement de la croissance camerounaise, désormais attendue autour de 3,2 % en 2026.

Derrière ce navire-usine installé au large de Kribi se trouvent en effet des exportations, des recettes publiques et une activité pétro-gazière qui comptent dans les performances économiques du pays.

Le Hilli Episeyo, un outil stratégique depuis 2018

Le Hilli Episeyo est une unité flottante de liquéfaction de gaz naturel exploitée par Golar LNG dans le cadre du projet gazier associant notamment la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et Perenco.

Entré en service au large de Kribi en 2018, le navire a permis de transformer directement en mer le gaz provenant notamment du champ Sanaga Sud avant son exportation sous forme de GNL.

Son contrat au Cameroun arrivant à son terme, son retrait était programmé pour juillet 2026, après environ huit années d’exploitation.

Il ne s’agit donc pas simplement du départ d’un bateau : le Cameroun perd, au moins temporairement, son principal outil de liquéfaction flottante destiné aux exportations de GNL.

Une croissance camerounaise revue à 3,2 %

L’une des premières conséquences apparaît dans les perspectives macroéconomiques.

D’après les projections rapportées le 24 juillet, la croissance économique du Cameroun devrait s’établir à environ 3,2 % en 2026, contre des perspectives précédemment plus favorables. Le départ du Hilli Episeyo figure parmi les facteurs susceptibles de peser sur l’activité.

La logique est relativement simple : lorsque la production d’un secteur exportateur important diminue, sa contribution à la création de richesse nationale diminue également.

Le choc peut ensuite se transmettre aux exportations, aux recettes publiques et à certaines activités directement ou indirectement liées au secteur des hydrocarbures.

Les exportations de GNL risquent de reculer

Le premier impact concerne naturellement le gaz naturel liquéfié.

Pendant plusieurs années, le Hilli Episeyo a permis au Cameroun de rejoindre le cercle des producteurs africains capables d’exporter du GNL grâce à une installation offshore.

Son retrait crée donc une rupture dans cette chaîne industrielle.

Sans remplacement immédiat disposant d’une capacité comparable, les volumes de gaz transformés en GNL pour l’exportation devraient diminuer fortement.

Cette évolution pourrait réduire la contribution des hydrocarbures aux exportations camerounaises et donc peser sur les recettes en devises générées par le secteur.

Des conséquences possibles pour les recettes de l’État

Les hydrocarbures constituent également une source importante de revenus publics.

La SNH commercialise une partie de la production nationale et transfère des recettes pétrolières et gazières à l’État.

Une diminution de la production ou des exportations peut donc affecter les revenus associés au secteur, même si l’ampleur réelle de cet impact dépendra également des cours internationaux du pétrole et du gaz.

Certaines estimations citées dans la presse camerounaise situent les revenus liés au gaz à plusieurs centaines de milliards de FCFA par an pour la SNH. Ces estimations doivent cependant être interprétées avec prudence, car elles ne correspondent pas nécessairement aux recettes budgétaires directement perdues par l’État après le départ du navire.

Le problème pourrait devenir plus visible en 2027

Les perspectives pour l’année suivante montrent encore davantage l’importance du problème.

Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 prévoit un recul de 24,6 % de l’activité pétrolière et gazière en 2027.

Cette contraction attendue intervient précisément dans un contexte marqué par la fin des opérations du Hilli Episeyo.

Cela signifie que l’effet économique ne devrait pas se limiter aux quelques mois restant en 2026. Il pourrait devenir beaucoup plus visible dans les statistiques de production de 2027 si de nouvelles capacités ne prennent pas rapidement le relais.

Pourquoi le Cameroun n’a-t-il pas simplement conservé le navire ?

Le départ du Hilli Episeyo était prévu contractuellement.

Le contrat d’exploitation arrivait à son terme en 2026 et Golar LNG prépare le navire pour d’autres opérations internationales.

Une controverse est néanmoins apparue autour de la capacité du Cameroun à préparer suffisamment rapidement la succession du projet.

La SNH a rejeté les critiques présentant le départ du navire comme l’échec de la stratégie gazière camerounaise. L’entreprise publique affirme au contraire que le secteur traverse une phase de transition et met en avant plusieurs projets susceptibles de soutenir la production future.

Cette distinction est importante : le départ du Hilli Episeyo est certain, mais ses conséquences à long terme dépendront surtout de la vitesse à laquelle les projets suivants entreront effectivement en production.

Kribi et Bipaga au centre de la nouvelle stratégie

La SNH cherche notamment à développer d’autres solutions pour valoriser les ressources gazières camerounaises.

Parmi les pistes évoquées figurent les installations de Kribi et Bipaga, ainsi que plusieurs projets d’exploration et de développement de nouveaux blocs pétroliers et gaziers.

La SNH met également en avant un portefeuille de neuf blocs et plusieurs milliards de dollars d’investissements potentiels ou annoncés dans le développement gazier.

Mais le facteur déterminant sera le calendrier.

Entre le départ d’une infrastructure déjà opérationnelle et la mise en production de nouveaux projets, plusieurs années peuvent s’écouler.

C’est précisément cette période de transition qui constitue le principal risque économique.

Une perte de terrain possible en Afrique centrale

Le Cameroun doit également regarder ce qui se passe chez ses voisins.

Le Congo-Brazzaville développe rapidement sa propre industrie du GNL grâce notamment au projet Congo LNG. Cette montée en puissance pourrait lui permettre de dépasser le Cameroun en matière de production gazière dans la CEMAC.

La concurrence énergétique en Afrique centrale devient donc plus importante.

Le Cameroun avait acquis un avantage avec le Hilli Episeyo dès 2018. Le défi consiste désormais à éviter que le départ du navire ne transforme cette avance technologique en retard industriel.

Un choc important, mais pas un effondrement de l’économie

Il serait néanmoins excessif d’affirmer que le départ du Hilli Episeyo va provoquer à lui seul une crise économique au Cameroun.

L’économie camerounaise est relativement diversifiée. Agriculture, services, télécommunications, construction, industrie, commerce et investissements publics contribuent également à la croissance.

Le problème est plutôt celui d’un moteur supplémentaire qui ralentit au moment où la croissance reste déjà modérée.

Une diminution de la production pétro-gazière peut donc retirer quelques points de dynamisme à l’économie sans provoquer nécessairement une récession.

2026 devient une année charnière pour le gaz camerounais

Le départ du Hilli Episeyo représente finalement un test majeur pour la stratégie énergétique du Cameroun.

À court terme, son retrait devrait contribuer au ralentissement de l’activité pétro-gazière et fait partie des facteurs associés à une croissance économique attendue autour de 3,2 % en 2026.

À moyen terme, la situation dépendra essentiellement de la capacité du pays à mettre rapidement en exploitation de nouvelles ressources et infrastructures.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement le départ du Hilli Episeyo. C’est la durée pendant laquelle le Cameroun restera sans capacité équivalente pour valoriser et exporter son gaz. Plus cette transition sera longue, plus les conséquences pourront se faire sentir sur la production, les exportations, les recettes publiques et, finalement, la croissance économique.

Je peux surveiller les nouveaux chiffres de croissance et les annonces de la SNH sur le remplacement du Hilli Episeyo, et vous signaler les développements importants.